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Le ruban rouge,  symbole de la solidarité vis-à-vis des victimes du VIH et du sida. Aujourd'hui, l'épidémie se féminise. En 2012, les femmes représentaient 32 % des  nouveaux cas de séropositivité en France.  Crédit photo : Google Images.

Le ruban rouge, symbole de la solidarité vis-à-vis des victimes du VIH et du sida. Aujourd’hui, l’épidémie se féminise. En 2012, les femmes représentaient 32 % des nouveaux cas de séropositivité en France.
(Crédit photo : Google Images)

A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er décembre 2013, attardons nous sur une étude menée par la société pharmaceutique Abbvie et l’institut A+A, rendue publique le 30 novembre 2013. Intitulée  » Vi(h)e au féminin « , elle a été réalisée auprès de 670 femmes séropositives. L’intérêt de cette enquête est qu’elle offre, pour la première fois, une photographie du vécu des femmes qui souffrent du virus du sida depuis plus de 10 ans. Un focus à bien des égards éclairant… à l’heure où l’épidémie se féminise.

Sur l’échantillon des 670 femmes interrogées, la tranche d’âge la plus représentée est celle des 30- 45 ans. L’enseignement marquant de cette étude ? Ces femmes atteintes du VIH connaissent une vraie vulnérabilité d’ordre social. 60 % vivent seules, 69 % ont un ou plusieurs enfants et 59 % ont un revenu inférieur à 1000 €/mois. Pour la majorité d’entre elles, leur contamination est due à un rapport non protégé et, en moyenne, elles ont découvert leur séropositivité il y a une dizaine d’années. L’annonce de cette contamination a provoqué chez elles honte, culpabilité et angoisse du rejet. Elles vivent donc, pour la plupart, leur séropositivité en secret (voir, à ce sujet, ce qu’en dit la journaliste du  » Point « , Anne Jeanblanc, dans son article  » Sida : la parole aux femmes « ).

Après les homosexuels, les femmes sont aujourd’hui en première ligne face au VIH. D’ un strict point de vue biologique, elles courent un risque de transmission deux à quatre fois supérieur aux hommes, lors d’un rapport hétérosexuel. Et d’année en année, l’épidémie du VIH se féminise. Les femmes ont vu leur part augmenter dans les nouveaux diagnostics : de 13 % en 1987 à 32 % en 2012 (Source : Aides). La voie hétérosexuelle représente le principal vecteur de transmission du VIH et les femmes constituent la majorité de ces contaminations. Plusieurs facteurs expliquent cette vulnérabilité à la maladie. Parmi eux figure évidemment l’inégalité entre les sexes, les rapports de force masculin/féminin étant défavorables à l’autonomie des femmes en matière de prévention et de sexualité. Aux vulnérabilités de la condition féminine s’ajoutent des discriminations spécifiques, véritable double peine : rejetées sexuellement, plus malmenées par les traitements que les hommes, peu écoutées des médecins, les femmes séropositives sont rarement une priorité associative. « Les grandes associations de lutte contre le sida font plus souvent entendre la voix des communautés les plus affectées par la maladie », déplore ainsi Catherine Kapusta-Palmer, coordinatrice du programme  »Femmes et sida » du Planning familial et membre du collectif interassociatif  »Femmes et VIH ». « Du coup, de nombreuses femmes ne s’y retrouvent pas. Elles se considèrent encore minoritaires dans la minorité. »

Pour en savoir plus :

 » Femmes et séropositives : dénonçons l’injustice «  : un documentaire de 45 minutes -sorti en septembre 2012- qui relate le parcours de 4 femmes vivant avec le VIH au Canada.

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