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120 000 femmes sont violées chaque année en France. Seules 9 % des victimes portent plainte (crédit photo : Google images)

120 000 femmes sont violées chaque année en France. Seules 9 % des victimes portent plainte (crédit photo : Google images)

120 000 femmes sont victimes de viols chaque année en France, selon les associations. Sur ce nombre (effrayant) de victimes, seules… 9 % portent plainte, d’après le Collectif féministe contre le viol (CFCV). Les raisons de ce silence sont multiples. Parmi elles, il y a la complexité des procédures, les formalités éprouvantes pour les victimes. C’est à cela que veut remédier aujourd’hui Najat Vallaud-Belkacem. Meilleure prise en charge des victimes, meilleur suivi sur le long terme : tels sont les deux objectifs du plan de lutte contre les violences faites aux femmes, qui sera débattu à l’Assemblée le 20 janvier prochain (dans le cadre du projet de loi sur l’égalité hommes-femmes).

Pour faciliter les démarches des femmes victimes de viol, la ministre des droits des femmes a installé vendredi 10 janvier un groupe de travail, chargé de plancher sur la création d’un  » kit  » de prise en charge et de suivi des victimes. S’inspirant des modèles belges et new-yorkais, ce  » kit  » devrait être expérimenté d’ici quelques mois à Paris.

Ce kit d’urgence se matérialise par une boîte contenant, entre autres, un test anti-VIH, un traitement contraceptif, un appareil photo pour matérialiser les preuves et une liste d’adresses de médecins.  » On voit trop souvent arriver des femmes désorientées, sans information, et trop tardivement « , explique Caroline Rey-Salmon, coordinatrice des urgences médico-judiciaires (UMJ) de l’Hôtel-Dieu, à Paris. La création de cette boîte a donc plusieurs visées. Permettre à la femme violée d’être soignée rapidement (et que les  » preuves  » de son viol soient collectées au plus vite, un  » détail qui n’en est pas un  » dans ce type d’affaires). Elle a pour but aussi d’encourager la formation des professionnels.  » Il arrive encore souvent qu’une victime de viol se fasse soigner aux urgences gynécologiques et qu’elle reparte sans qu’on lui ait posé une seule question ! « , déplore Emmanuelle Piet, médecin et présidente du Collectif féministe contre le viol (CFCV). Ce kit permettrait in fine de faciliter le dialogue entre les différents interlocuteurs des victimes : policiers, urgentistes, médecins légistes des UMJ, Samu, pompiers, associations.

Nécessaire initiative donc. Il faut espérer maintenant que ce kit favorise réellement le dépôt de plaintes des victimes. Restera ensuite de nombreux chantiers à la ministre : simplifier le parcours des femmes violées dans les services médicaux et judiciaires et améliorer l’offre de soins post-traumatiques (des progrès qui ont été, en théorie, annoncés dans le 4ème plan de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes). Car, à l’heure actuelle, aucun suivi psychologique n’est proposé… alors que cela devrait être obligatoire (et remboursé par la Sécurité sociale) ! Aussi battante que soit la victime, en parler, extérioriser, faire un travail sur soi s’avère, à mon sens, indispensable (et le plus tôt possible). Un viol ne s’oublie pas et ne peut pas s’oublier. Le viol est un acte de destruction : il détruit, chez les victimes, une partie voire la totalité de leur être. Il serait donc temps, en 2013, d’accompagner réellement -et correctement- le parcours des femmes victimes, qui aujourd’hui encore relève du parcours du combattant. Rappelons qu’une femme est violée toutes les 7 minutes en France. C’est dire s’il est urgent d’agir.

Pour en savoir plus :

– Lire l’article du Monde sur le sujet ( » Un « kit d’urgence » et une prise en charge simplifiée des victimes de viol « , 11 janvier 2014)

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