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Dans la sphère professionnelle, les femmes restent, à compétences égales, payées un quart de moins que les hommes  (crédit photo : Google images).

Dans la sphère professionnelle, les femmes restent, à compétences égales, payées un quart de moins que leurs homologues masculins (crédit photo : Google images).

Hier, le 8 mars 2014, avait lieu la  » Journée internationale des droits des femmes « . Droit indéfectible à l’IVG, parité, égalité salariale, fin des violences faites aux femmes… Les revendications étaient nombreuses au sein du défilé d’hier entre la place de la Bastille jusqu’aux grands boulevards, à Paris. Et pour cause : en France, en 2014, malgré les lois, discours et autres chartes, l’égalité entre hommes et femmes, si l’on regarde de près les chiffres, reste encore à conquérir dans de nombreux domaines.

Si l’on ne devait ne citer qu’un exemple, citons celui de l’inégalité salariale. Car le constat fait frémir : dans la 2ème économie européenne, le salaire des femmes reste aujourd’hui inférieur d’un quart à celui des hommes. Elles sont touchées par la précarité, le temps partiel et le chômage de manière beaucoup plus forte que les hommes. Leurs carrières sont plus souvent plafonnées, bloquées… ce qui se traduit par des retraites inférieures de 42 % (source : CGT).

Comment expliquer ces inégalités et cet écart de salaire persistant entre les sexes ? C’est tout l’objet de l’excellent livre Un quart en moins, écrit par l’économiste Rachel Silvera et paru jeudi 6 mars (aux éditions La Découverte). La grande originalité de cet ouvrage, c’est, d’abord, sa mise en perspective historique. Et on s’aperçoit que ce différentiel de salaires vient de loin. Au XIXesiècle, on considérait qu’il n’était pas vital pour une femme de travailler. Pouvant compter sur son mari, « Monsieur Gagnepain », celle-ci ne pouvait prétendre qu’à un « salaire d’appoint ». Et Rachel Silvera montre que, de manière insidieuse (et pernicieuse), ce modèle pèse encore aujourd’hui. Les salariées semblent piégées, entre « plancher collant » et « plafond de verre ».

Pourtant, ces dernières années, des femmes ont décidé de se battre pour obtenir gain de cause. Et c’est le deuxième intérêt de ce livre : l’auteure leur donne largement la parole. Parce qu’elles ont eu des enfants, sont passées à temps partiel, ou simplement parce qu’elles sont femmes, Maria, Flora et les autres n’ont eu aucune augmentation de salaire, ou très peu, au cours de leur carrière. Victimes de discrimination sexuelle, elles ont entamé un combat judiciaire pour obtenir réparation à travers un rappel de salaires et une requalification de leur statut professionnel. A travers ces parcours de vie, ce livre donne ainsi quelques clefs pour en finir avec des inégalités d’un autre âge. Au-delà, il plaide pour une autre façon d’évaluer les compétences, celles des femmes restant trop souvent perçues comme relevant de qualités « innées ».

Un quart en moins, des femmes se battent pour en finir avec les inégalités de salaires de Rachel Silvera (préface de Michelle Perrot, mars 2014, La Découverte)

Pour en savoir plus :

– Lire l’itw de Rachel Silvera sur le site de la CGT (  » Egalité hommes-femmes, il est urgent d’avancer !  » ) ou sur le site du Monde ( » La peur de la sanction est un axe de lutte fort pour l’égalité salariale hommes-femmes « )

– Réécouter l’entretien avec Annie Battle, ancienne journaliste aux Echos, aujourd’hui co-directrice de la collection « Egale à égale » aux éditions Belin (entretien du 9 mars 2014 sur France Infos). Elle vient d’écrire, dans cette collection, Les femmes valent-elles moins cher que les hommes ?

– Lire l’article de Elle : Ces femmes qui ont surmonté le plafond de verre (Julia Dion et Isabelle Duriez, 4 mars 2014)

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