Marie Curie (1867-1934) dans son laboratoire en 1912. Le Musée Curie lui rend actuellement hommage à travers une exposition de photos, qui met aussi en lumière ses  » héritières  » (Crédit photo : Google images).

L’Institut Curie a toujours su donner leur place aux femmes. A commencer par Marie Curie elle-même, qui dirigea l’Institut du Radium il y a un siècle. A l’occasion du centenaire de la naissance de cet institut, une exposition de photos nous fait découvrir 33 portraits de femmes qui ont œuvré contre le cancer depuis 1914. Inaugurée le 8 mars 2014 pour la Journée internationale de la femme, l’exposition se tient dans le petit jardin niché derrière le musée. Visite guidée.

Parmi ces 33 portraits, on trouve celui de Marie Curie bien sûr, mais aussi celui de sa fille Irène, moins connue du grand public. Physicienne et chimiste, elle a pourtant obtenu en 1935, avec son mari Frédéric Joliot, le prix Nobel de chimie pour la découverte de la radioactivité artificielle. En 1936, elle est nommée sous-secrétaire d’Etat à la Recherche scientifique dans le gouvernement du Front populaire. Avec Suzanne Lacore et Cécile Brunschvicg, elle fait ainsi partie des trois premières femmes à siéger dans un gouvernement français (1). A découvrir aussi : la figure de la scientifique Marguerite Perey, qui a découvert l’élément radioactif francium en 1939. C’est la première femme à entrer à l’Académie des Sciences comme membre correspondante en 1962.

En plus de portraits de  » femmes d’hier  » (15 en tout), l’exposition rend aussi hommage à 18 collaboratrices actuelles de l’Institut, dont Elizabeth Blackburn (Prix Nobel de médecine en 2009) et Anne-Catherine Gravigny, radiothérapeute. La place des femmes dans les sciences est donc bien mise à l’honneur dans cette (instructive) exposition. Et en la matière, l’Institut Curie n’a pas à rougir : il a toujours accueilli des femmes et près de 70 % de son personnel est aujourd’hui féminin. Sans nul doute un héritage de son histoire : dès son inauguration en 1914, il a été dirigé par une femme. Physicienne et chimiste polonaise, naturalisée française, Marie Curie obtînt, avec son mari Pierre, une moitié du prix Nobel de physique en 1903 pour leurs recherches sur les radiations. En 1911, elle reçût le prix Nobel de chimie pour ses recherches sur le polonium et le radium. C’est la seule femme à avoir été récompensée de deux prix Nobel. Quand elle prend la direction du laboratoire de l’Institut du radium en 1914, elle l’ouvre aux scientifiques femmes – qu’elle recrute sur les mêmes critères que leurs homologues masculins (les compétences !) – leur permettant ainsi d’affirmer leur place dans le monde des sciences et, par là, dans la société. L’Institut Curie ne pouvait donc pas, en 2014, ne pas rendre hommage à cette femme d’exception… comme à ses (multiples) héritières. Un rendez-vous scientifique, culturel et historique à ne pas manquer.

Exposition Les héritières de Marie Curie, jusqu’au 31 octobre 2014 au Musée Curie (1 rue Pierre et Marie Curie, 75005 Paris, 01. 56. 24. 55. 33 / entrée gratuite).

(1) Cette femme au destin hors du commun, éprise d’égalité et d’équité, est l’objet du dernier livre de Louis-Pascal Jacquemond : Irène Joliot-Curie (éditions Odile Jacob, janvier 2014).

Pour en savoir plus :

– Lire le livre Les femmes du laboratoire de Marie Curie de l’historienne Natalie Pigeard-Micault, qui a servi de base pour la partie historique de l’exposition (éditions Glyphe, 2013).

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