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Au moins 10 % des femmes souffriraient de malformations du sein. Elles peuvent être corrigées grâce à une opération pouvant être en partie remboursée (Crédit photo : Google images)

Contrairement à la chirurgie réparatrice, les opérations esthétiques ne donnent pas lieu à remboursement. A 2 catégories d’exceptions près : si l’Assurance maladie reconnaît un risque pour la santé du patient ou un préjudice psychologique.

Chirurgie du sein : plusieurs actes sont remboursés, selon des critères précis

Asymétrie mammaire, hypotrophie, seins tubéreux, syndrome de Poland, mamelon(s) ombiliqué(s)… Ces malformations du sein toucheraient « au moins 10 % des femmes », selon le Dr Christelle Santini, chirurgien esthétique à Paris. Elles peuvent être corrigées grâce à une opération pouvant être en partie remboursée. Pourquoi ? « Parce que ce sont des malformations de naissance ou congénitales, difficilement vivables, qui entraînent souvent de lourds complexes. » Dans ces cas, l’Assurance maladie tient donc compte du critère du retentissement psychologique. Pour autant, la prise en charge n’est pas automatique : ces actes – d’ailleurs prévus et définis dans la CCAM (Classification commune des actes médicaux) – sont soumis à l’accord, au cas par cas, du médecin-conseil. Et celui-ci tient compte de données physiques bien précises. Pour l’asymétrie mammaire par exemple, « la prise en charge n’intervient que quand un sein est beaucoup plus développé que l’autre, de l’ordre d’un bonnet » précise le Dr Santini. Pour les seins tubéreux (seins ayant un aspect en forme de tube), « c’est lorsque la malformation est suffisamment importante pour entraîner des dommages psychologiques. » 

Mais la nomenclature de la Sécurité sociale révèle quelques bizarreries. Ainsi, pour les opérations sur les asymétries mammaires, la prise en charge n’intervient que sur un sein ! Soit le médecin-conseil accorde une réduction mammaire sur le sein le plus gros, soit il accorde la pose d’une prothèse sur le plus petit. Mais pour le chirurgien, obtenir une symétrie mammaire en intervenant que sur un seul sein est très compliqué.

Le deuxième critère dont tient compte l’Assurance maladie est le préjudice d’ordre médical. Par exemple, l’hypertrophie mammaire (une poitrine trop généreuse) peut entraîner des douleurs dorsales, des difficultés pour dormir sur le ventre, voire des mycoses au niveau des plis du sein. La réduction mammaire est donc prise en charge, toujours selon des critères précis : l’acte est remboursé que si le chirurgien doit retirer plus de 300 grammes de glande mammaire dans chaque sein (l’équivalent d’un ou de 2 bonnets).

Des actes à la frontière entre la chirurgie esthétique et réparatrice

A quelques grammes ou centimètres près, certaines femmes ne bénéficient donc d’aucune prise en charge ! « Mais c’est bien parce que ces actes se situent à la frontière entre la chirurgie esthétique et la chirurgie réparatrice que l’Assurance maladie a du instaurer des barèmes » estime le Dr Santini. Précisons aussi que c’est le praticien qui, à la première consultation, remplit le formulaire d’entente préalable, jugeant si la patiente remplit ou non les critères établis.

Du point de vue des femmes, au delà de l’aide financière apportée, cette prise en charge légitime aussi une souffrance personnelle. C’est la reconnaissance objective qu’il y a besoin de «  réparer », que l’opération ne relève pas du caprice. « Quand le médecin-conseil a reconnu que mes seins étaient tubéreux, j’ai pu dire a mon entourage que j’avais une malformation congénitale. Je me suis alors sentie en droit d’avoir une plastie mammaire, sans culpabiliser ! » témoigne Rachel, 26 ans.

Quelle prise en charge ?

Lorsque la demande d’entente préalable est acceptée, la prise en charge n’est bien sûr pas intégrale : les dépassements d’honoraires du chirurgien et ceux de l’anesthésiste ne sont pas remboursés. Seuls les frais d’hospitalisation et, le cas échéant, celui des implants mammaires le sont. Ensuite, la mutuelle du patient peut éventuellement prendre le relais, si son contrat le permet. A noter enfin : la prise en charge de l’Assurance maladie reste la même que l’on se fasse opérer à l’hôpital ou en clinique.

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