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 » Près d’une femme sur cinq a changé de méthode contraceptive depuis 2013  », selon un rapport de l’Inserm (Crédit photo : Google images)

Une enquête parue en mai 2014, menée par l’Ined et l’Inserm, dresse un constat sans appel : la pilule contraceptive n’a plus la cote auprès des femmes.

Une désaffection antérieure au scandale des pilules de dernière génération

Il y a un an et demi avait lieu le scandale lié aux pilules de 3e et de 4e génération, soupçonnées d’être à l’origine de thromboses veineuses. Selon le rapport de l’Ined, depuis ce scandale et le débat médiatique qui a suivi, « près d’une femme sur 5 a changé de méthode contraceptive ». Et, poursuit le rapport, « le recours à la pilule a baissé, passant de 50 % à 41 % entre 2010 et 2013. » « Néanmoins, la baisse du recours à la contraception orale avait déjà commencé dans les années 2000 » nuance Nathalie Bajos, chercheuse à l’Inserm et coauteure de l’étude. « Entre 2000 et 2010, le recours à la contraception orale a reculé de 14 points en France. Cette baisse est alors compensée par d’autres méthodes hormonales, telles le patch ou l’implant. En 2013, la controverse est simplement venue renforcer la tendance. »

Une reconfiguration du paysage contraceptif

Les pilules de dernière génération ont bien sûr pâti de la polémique. Elles ne représentent aujourd’hui que « 10 % des méthodes contraceptives utilisées, contre 19 % en 2010 » précise Nathalie Bajos. Le constat de l’Agence du médicament (ANSM), établi fin juin 2014, va dans le même sens : « les ventes de pilules contraceptives de 3e et de 4e génération ont chuté de 60 % suite au scandale » expliquait ainsi l’ANSM dans un point presse le 23 juin dernier. En parallèle, le report vers les pilules de 2e génération a été très faible (+ 1 point, d’après l’Ined : « 22 % d’utilisatrices de pilules de 2e génération en 2010 et 23 % en 2013 »). Cela confirme donc un réel désamour des femmes à l’égard d’une méthode contraceptive jugée contraignante. « Le débat autour des pilules les plus récentes a finalement achevé de ternir l’image de la pilule en général » analyse la chercheuse Nathalie Bajos. Et a contribué à reconfigurer le paysage contraceptif.

Des pratiques plus diversifiées

Ainsi, les femmes ont changé leurs pratiques, se tournant vers d’autres méthodes de contraception jugées sans risques pour la santé. En premier lieu, le stérilet, dont « les ventes ont bondi de 45 % depuis janvier 2013 » selon l’ANSM. L’utilisation du préservatif a aussi progressé, tout comme celle des méthodes dites « naturelles » (méthode Ogino, retrait). « Depuis janvier 2013, une hausse des ventes des autres contraceptifs s’est amorcée (+ 26 %) » a conclu l’Agence du médicament dans son point presse. Si la pilule reste néanmoins encore aujourd’hui la méthode de contraception privilégiée (environ 1 femme sur 2, entre 15 et 49 ans, l’utilise), « les pratiques contraceptives apparaissent désormais beaucoup plus diversifiées » décrypte Nathalie Bajos.

Dans ce constat, le point inquiétant est la hausse du recours aux méthodes « naturelles ». En juin 2014, un rapport de la Direction des études et statistiques du ministère de la santé (Drees) a ainsi déploré la hausse du nombre d’IVG en 2013 (alors que leur nombre était stable depuis 2006), pointant une augmentation de 4, 7 % par rapport à 2012 (soit 10 000 IVG de plus).

Article à retrouver aussi sur lepoint.fr

Pour en savoir plus :

– Le rapport  » La crise de la pilule en France : vers un nouveau modèle contraceptif ?  » est consultable sur le site de l’Ined.

– Lire ces témoignages de femmes qui ont renoncé à la pilule :  » Pourquoi j’ai dit non à la pilule  » (site de L’Express15 mai 2014)

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